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Galerie Les filles du Calvaire

SMITH

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Sans titre N°017, série Saturnium, 2017

SMITH

Est né(e) à Paris en 1985
Vit et travaille à Paris

SMITH n’en fait pas mystère : son approche du visible, luministe et sombre à la fois, vaut comme image de l’incertitude des rôles sexués. La question du genre, thématisée depuis plus de vingt ans par la philosophie tient une place non négligeable dans l’élaboration intellectuelle de son œuvre.

Certains ont pu repérer dans ses images un écho de la peinture de la Renaissance, d’autres une veine romantique. De quoi s’agit-il ? D’une gravité propre à la peinture de portrait florentine, ou des paysages parfois crépusculaires de ses arrière-plans ? Ou bien de la ferveur ombrageuse d’un peintre allemand comme Caspar David Friedrich : un fragment de paysage de la série Löyly ne contient-il pas une sorte de réplique en miniature de tel de ses pics enneigés ?

L’œuvre est profondément enracinée dans son temps. Dans son monde parfois traversé par une certaine violence, les visages d’une douceur inexprimable, les yeux perdus, les corps offerts dans les mirages d’une chaude intimité, les tiédeurs de banquise sublimée en haleine et les horizons sans vie sont polarisés, comme des aurores magnétiques, par le nouveau mode de défi lancé à la séparation des sexes par le monde actuel. Il s’agit moins ici de métaphores que de métamorphoses. Cette remise en cause, souvent perceptible dans les physionomies, semble trouver dans ces scènes de nature où l’eau, la glace et la vapeur jouent de leur mutabilité, une sorte d’expression climatique, littéralement comme si les points de congélation ou de surfusion faisaient office d’acteurs conceptuels de la dichotomie masculin-féminin devenue vacillante.

Ces photographies ménagent des rencontres entre des états inconstants de la substance et cette sorte de mélancolie que porte avec elle toute utopie. Ce n’est pas le moindre mérite de ces œuvres que d’ouvrir à cet intense travail de déplacement une syntaxe formelle et poétique d’une exigence sans faille.

Saturnium

Dorothée Smith - Antonin-Tri Hoang

2017

Ce CD-livre présente le travail de création de la photographe SMITH (Dorothée Smith) et du compositeur Antonin-Tri Hoang, lauréats de la deuxième édition du Prix Swiss Life à 4 mains. Créé en 2014, ce prix est une initiative artistique ambitieuse, développée par la Fondation Swiss Life, favorisant le dialogue entre deux arts : la musique et la photographie.
Fascinés par les travaux de Marie Curie, le duo a choisi de faire de la radioactivité sa machine à rêves de formes. Ils composent alors un conte, qui repose sur la découverte imaginaire par Marie Curie d’un nouvel élément chimique radioactif qu’ils baptisent « Saturnium », en référence au dieu du temps, et de la figure mélancolique.
Leur création Saturnium a été présentée à l’été 2017 au Palais de Tokyo, dans le cadre de l’exposition Le rêve des formes sous le commisariat de Claire Moulène et Alain Fleisher à l’occasion des 20 ans du Fresnoy.

Editions Acte sud

Löyly

Dorothée Smith

Dominique Baqué

2013

ISBN : 978-2-35046-296-7

« (…) Dorothée Smith invente son propre mode d’exister et son propre univers, crée une écriture photographique singulière, tandis qu’elle joue de ses avatars sur la toile, construit un véritable réseau protéiforme et amical où se retrouvent les corps qui hésitent entre le masculin et le féminin, les identités suspendues, en devenir. La question originaire est celle du passage, du transit, de la transition. De l’entre-deux, cet espace inassignable et indéterminé qui ouvre à tous les possibles.C’est dans le froid, les brumes glacées, l’obscurité et les vapeurs d’eau, les pluies et les neiges que l’artiste se sent à sa place et que son propre corps – biologique, culturel, artistique – prend position. La colorimétrie – bleu froid, bleu grisé, blanc évanescent, au bord de l’ultime disparition – est bien celle des contrées du nord. Les corps sont comme en réserve, en repli, en retrait, souvent allongés, carnations d’albâtre et regards évanouis.

Dans la série Löyly, on voit un sombre rocher dessinant son arête sur un ciel qui ne se distingue pas de la pierre, et qui évoque incontestablement la peinture romantique, une double nuée menaçante comme une tornade, des paysages de gel et de froidure. Mais aussi beaucoup de jeunes gens photographiés de dos, le corps souvent tatoué, des postures de rêverie ou de repli. D’être-ailleurs. Un jeune homme très pâle, yeux glacier et cheveux noir corbeau, comme une apparition récurrente dans les séries, et un sublime visage d’androgyne, regard rêveur et mélancolique, perdu dans sa propre intériorité inviolée, regard mi-clos, bouche sensuelle entr’ouverte pour une parole ou un baiser qui n’adviendront pas. Fatigué, délicieusement morbide, il repose avec délicatesse sa tête de jeune éphèbe sur un coussin de velours, bras replié sous lui, offert et déjà retiré, disparu, telle une fugace et désirable apparition. (…) »

Dominique Baqué

Filigranes Editions

Löyly & Sub Limis

Dorothée Smith

Arnaud Class

2011

« Dans la langue finnoise, le terme Löyly désigne la fumée bénéfique qui provient de l’eau glaciale versée sur des pierres brûlantes, passant ainsi de l’état liquide à l’état gazeux. Sub Limis désigne tout à la fois le passage alchimique d’un état à un autre, et de façon plus abstraite, quelque chose qui se trouve en haut, suspendu, mais toujours comme au seuil d’une limite. Les deux séries présentées ici s’inspirent de la transformation de la matière, allégorique d’une mutation du genre, liée à un environnement naturel troublé dans son écosystème depuis les prémices de l’ère nucléaire. La brume, le flou et la fumée sont autant d’éléments opaques qui symbolisent la rhétorique du « trouble dans le genre ».

L’approche du visible chez Dorothée Smith, luministe et sombre à la fois, vaut comme image de l’incertitude des rôles sexués. La question du genre, thématisée depuis plus de vingt ans par la philosophie (en premier lieu par l’Américaine Judith Butler) tient une place non négligeable dans l’élaboration intellectuelle de son œuvre, profondément enracinée dans son temps. Dans son monde parfois traversé par une certaine violence, les visages d’une douceur inexprimable, les yeux perdus, les corps lovés ou offerts dans les mirages d’une chaude intimité, les tiédeurs de banquise sublimée en haleine et les horizons sans vie sont polarisés, comme des aurores magnétiques, par le nouveau mode de défi lancé à la séparation des sexes par le monde actuel. Il s’agit moins ici de métaphores que de métamorphoses. Cette remise en cause, souvent perceptible dans les physionomies, semble trouver dans ces scènes de nature où l’eau, la glace et la vapeur jouent de leur mutabilité, une sorte d’expression climatique, littéralement comme si les points de congélation ou de surfusion faisaient office d’acteurs conceptuels de la dichotomie masculin-féminin devenue vacillante. Les bleutés translucides, les postures corporelles de retombement, de spleen ou de suavité, mais aussi les menaces ou les stigmates de désastres innommés (l’étonnante double colonne de vapeur, comme née d’un échange thermonucléaire ou de la sublimation fusante de toute dualité), font signe vers un monde parfois édénique, parfois touché par la froideur du désenchantement. Nous sommes au cœur d’une dissonance postmoderne, ou plus exactement hypermoderne, car tout désir d’émancipation est un désir de « modernité ».

Certains ont pu repérer dans ses images un écho de la peinture de la Renaissance, d’autres une veine romantique. De quoi s’agit-il ? D’une gravité propre à la peinture de portrait florentine, ou des paysages parfois crépusculaires de ses arrière-plans ? Ou bien de la ferveur ombrageuse d’un peintre allemand comme Caspar David Friedrich ? On pourrait songer à l’univers du peintre danois Vilhelm Hammershøï. On y retrouvera peut-être l’austérité de vitrail de quelque église luthérienne de Scandinavie.
Pourtant, une fois encore, une intelligence de l’image est ici au travail. Ces photographies ne sont pas des idées grimées en formes plastiques. Elles ménagent des rencontres entre des états inconstants de la substance et cette sorte de mélancolie que porte avec elle toute utopie. »

Löyly (2009) & Sub Limis (2011), Extraits du texte d’Arnaud Claass (Sens, 1er janvier 2011)

Le château d’eau Editions

  • Presque célèbres : les jeunes talents de Paris Photo

    Vice, novembre 2017

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  • Oeuvre commune

    De l'air, printemps 2017

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  • Le rêve dans tous ses états : "Le rêve des formes", exposition au Palais de Tokyo

    Diacritik, juillet 2017

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  • Femmes photographes, une sous-exposition manifeste

    Fisheye hors série, juin-août 2017

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  • "De nouvelles formes peuvent exister dans le chaos"

    La Marseillaise, février 2017

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  • De l'immortalité

    Le Monde blog, juillet 2017

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  • SMITH & Hoang, lauréats du Prix Swiss Life

    L’Oeil de la photographie, juin 2017

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  • Amandine Casadamont / Antonin-Tri Hoang, compositeurs irradiants

    Mediapart, juin 2017

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  • Saturnium, un conte musical et photographique des lauréats du Prix Swiss Life à Quatre Mains, Smith & Hoang

    Mowwgli, juin 2017

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  • Traum (Le Paradoxe de V.)

    Parisart, novembre 2017

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  • Machine à dunes, lampe à grenouilles... La science est-elle l'avenir de l'art ?

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  • SMITH

    André Frère éditions, octobre 2017

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    ART PRESS, octobre 2017

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    Libération, février 2016

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    Libération, octobre 2016

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  • Spectrographies et Traum de Dorothée Smith

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  • DOROTHEE SMITH - GALERIE LES FILLES DU CALVAIRE

    Slash, février 2016

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  • SMITH (DOROTHEE SMITH)

    Inferno mag, février 2016

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  • Dorothée Smith, éléments de spectralité

    La critique.org, août 2016

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