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Galerie Les filles du Calvaire

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 Une fois et pas plus n°42, 2001

Une fois et pas plus n°42, 2001

Corinne Mercadier

Une fois et pas plus

Corinne Mercadier

Exposition du 04 novembre 2002 au 11 janvier 2003

Les grandes images noir et blanc, format polaroïd, de Corinne Mercadier montrent des personnages confrontés, dans la nature, à des objets volants identifiés comme autant de vêtements, linges, voiles poussés par le vent. Une gosse qui court dans la forêt semble vouloir échapper à la menace d’une chemise de nuit immaculée aux manches longues tentaculaires. Un homme qui fait son jogging dans la campagne semble encerclé, mais peut-être, après tout, n’est-il qu’accompagné, par la présence enrobante, inquiétante, hitchcockienne, d’un Organza noir à la consistance ailée, plumée. Un homme, tournant le dos à la mer, n’a plus sa tête. Elle a disparu, happée par un linge blanc en forme de tulipe… ou de champignon atomique. Un spectre se déplace sur la dune, prend une consistance de mariée et, pourtant, l’ombre du deuil plane. La photographie comme destin, comme catastrophe.

Ainsi vont les images de la série intitulée « Une fois et pas plus », qu’au moyen de ces lâchers éphémères d’étoffes qui s’abattent devant l’objectif, l’artiste donne consistance. Aux failles, aux fantasmes, aux photos de tous et de chacun. On est dans l’humain jusqu’au cou, dans un monde fantomatique où les ombres sont décalées, où l’immatériel devient présence charnelle, où « l’impalpable se manifeste, où les symboles se forment, entre visible et invisible, entre l’ici et l’au-delà. Il faut le dire : ces photographies, qui nous font passer de l’autre côté du miroir, parviennent à créer l’espace irrationnel du rêve. Elles manifestent moins une idée qu’elles ne sont cette idée même. Autant dire que le mouvement surréaliste s’est trouvé là une postérité.

Ce nouveau travail, qui fait le deuil de la couleur, de l’écrit, qui invoque le hasard avec le vent, vient de loin. Il n’aurait pu voir le jour sans les prises de vue répétées et fondatrices, au polaroïd, d’un bassin du XVIIIè siècle qui trônait sous les fenêtres de l’artiste. Sans aussi, peinte sur verre, la représentation du genou de la petite servante, dans l’Annonciation à sainte Anne, de Giotto. C’est l’époque du dessin, des cartes postales, d’un bric-à-brac d’objets, de découpages, de cadrages, de fragments isolés photographiés en provoquant des ombres, en bricolant avec de la ficelle. Le mystère du procédé prend encore le pas sur ce que l’auteur veut représenter. Mais Corinne Mercadier, toute à son désir de révéler « la face diurne des choses visibles », explore déjà l’univers du ciel, des constellations, part à la recherche d’un espace, d’une lumière. Créant un monde, elle en défriche les racines. Arrivent les « Paysages ». Se demandant « où commence le ciel ? » elle entraîne dans son sillage poétique et Bernard Plossu et Alain Fleischer. Elle sait que de ses images, le mystère, des questions doivent surgir, que si rien ne manque, ça ne l’intéresse pas, qu’elle gardera, par contre, celles que « les mots ont lâchées, qui créent un fossé, qui parlent de ce qui est entre les choses, du vide, celles qui tirent sur un fil ».

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