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Galerie Les filles du Calvaire

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Medley N°13, 2011

Emmanuelle Villard

Artifici finti #1

Emmanuelle Villard

Exposition du 25 novembre 2011 au 21 janvier 2012

Débauche de matières, de couleurs, d’effets, d’ornements et de décoratif. Emmanuelle Villard peint comme une drag queen se maquille, avec excès. Dans les deux cas, il s’agit bien d’une hypersimulation de surface, de disparition, et de mascarade. La drag queen, à travers le masque, joue à faire disparaître l’homme qu’elle est en profondeur pour donner à voir un être à l’exubérance féminisante savamment orchestrée qui n’ignore rien du fait qu’il reste un homme, personne n’est dupe. Sur ce mode, Emmanuelle Villard maquille ses pièces comme des objets d’art qui auraient une tendance certaine au racolage. L’artiste pense-t-elle que peindre c’est feindre ?

Le travail d’Emmanuelle Villard ne peut être lu en dehors de son époque et de son contexte. Pétri d’histoire de l’art, de problématiques et de références picturales, il n’en reste pas moins directement lié à la manière dont l’artiste perçoit la société dans laquelle elle évolue : une société fragmentée reposant sur les valeurs du pouvoir, du luxe, et de l’apparence, et où la qualité d’une œuvre d’art s’évalue à partir de sa valeur marchande. Ce monde pousse à « faire semblant », mais il fabrique aussi de la nostalgie, notion qui peut conduire à des positions ambiguës basées sur des idéaux de pureté.

L’artiste fait de ces paradoxes et problématiques le fil de son travail, entre séduction et répulsion l’ambivalence s’expose. Son travail s’élabore à partir d’artefacts, d’artifices et d’objets factices : strass, perles et bijoux en toc, paillettes, miroirs déformants… Tout ce qui brille et peut attraper l’oeil. Chez Emmanuelle Villard les artifices sont autant de feintes : ils lui permettent de nous présenter d’acides caricatures émergentes de la surenchère dans un rire tout duchampien. L’artiste nous propose des pièces parfois baroques, souvent décadentes, toujours complexes, dont la surface un peu trop brillante nous renvoie une image déformée et brouillée de nous-mêmes et du monde qui nous entoure : une invitation à faire la mise au point.

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