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Galerie Les filles du Calvaire

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Cambodge sous Pol Pot, 2008

Cambodge sous Pol Pot, 2008

Ernest Breleur

Les portraits sans visage

Ernest Breleur

Exposition du 06 mai au 19 juin 2010

Dans le cadre de l’événement 3X3 , initié par la Fondation Clément et sous la direction du commissaire indépendant Simon Njami, la galerie est heureuse de proposer une exposition personnelle d’Ernest Breleur. A travers les différentes œuvres présentées (Portraits sans visage, Cambodge sous Pol Pot, l’artiste questionne le corps dans sa nature éphémère. Comment donner à voir l’absence dans la présence d’une matière plastique ? Comment donner à voir le souvenir ?

Né en 1945 en Martinique, Ernest Breleur participe en 1984 à la création du groupe Fwomajé . En 1985, il commence à peindre et mène un travail artistique en solitaire, ce qui l’amène, quatre ans plus tard, à démissionner du groupe pour construire sa « propre contemporanéité ». Habité par des questions métaphoriques liées à la vie et la mort, il peint des corps étêtés, tronqués, en souffrance. En 1993, convaincu d’être parvenu au terme de son questionnement, E.Breleur en arrive à une rupture totale avec la peinture pour s’engager dans l’exploitation d’un matériau étranger au monde de l’art : la radiographie. Avec ce matériau, l’artiste accède à une certaine intimité du corps en donnant à voir ce qui n’est pas visible et génère du sensible et de l’esthétisme là où normalement il n’y a que matière à diagnostic.

Depuis la découverte de ce matériau dans un hôpital désaffecté, à proximité de son école d’art, Ernest Breleur se positionne comme « artiste-chirurgien » qui accomplit un acte de suture sur une chair imaginaire. Il reconstruit l’espace médical dans son atelier à partir d’un vieux scialytique, des gants, un masque et des instruments indispensables à sa « chirurgie » comme des cutters, des scalpels, et des aiguilles. En plus de s’approprier la gestuelle d’un chirurgien, il classe soigneusement ses radiographies dans des boîtes étiquetées telle une banque d’organes. Il pratique son intervention horizontalement et ne met le corps à la verticale qu’une fois « suturé », c’est à ce moment que « la résurrection du corps opère ».

Il s’agit en effet de faire triompher la vie sur la mort à partir de fragments de corps anonymes qui renvoient à l’espèce. L’œuvre d’E. Breleur reconstitue de manière métaphorique une nouvelle entité pour créer, avec une nouvelle géographie du corps, un « corps-monde » et célébrer la puissance de la vie.

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