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Galerie Les filles du Calvaire

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Guy Richards Smit

Invitation à Roebling Hall

Dans le cadre de Paris-Brooklyn

Guy Richard Smit et Johanathan Grossmalerman, Sebastiaan Bremer, Adriana Arenas Llian, Christoph Draeger

Exposition du 05 juin au 13 juillet 2002

Roebling Hall est certainement une des galeries les plus intéressantes de Williamsburg. Comme beaucoup d’espaces underground new yorkais, elle a commencé son activité, en 1996, dans un atelier, où Joël Beck, artiste « militant », a invité quelques amis à montrer leurs travaux. C’est devant le succès de cette initiative qu’il s’est professionnalisé et s’est associé au critique d’art Christian Viveros-Fauné, dans le but de développer des expositions scénographiées ou « commissariées». En quelques années, avec un bon nombre d’expositions marquantes, ce duo a assuré un véritable succès critique à leur aventure, constitué un réseau de collectionneurs et de fans, tandis que certains de leurs artistes commencent à obtenir une reconnaissance internationale.

Leur concept, au-delà d’un simple cadre d’exposition standard, est de donner aux artistes des cartes blanches, sans contrainte dans le développement scénographique — ce qui est rendu possible notamment par le faible coût d’un mode opératoire localisé à Brooklyn. Cela a donné lieu à des expositions très créatives voire spectaculaires, et a établi la galerie comme un centre artistique « Cutting Edge ».

Leur principal objectif est de représenter des artistes émergeants, et notamment ceux de Williamsburg qui, comme on le sait, est un quartier peuplé par la nouvelle génération de la scène new yorkaise, qu’elle soit américaine ou étrangère. Aujourd’hui, ils représentent aussi bien des artistes « Made in Brooklyn » que « USA » ainsi qu’européens, dont douze résident à Brooklyn. Ils sont vidéastes, peintres, performeurs ou photographes et bien sûr installateurs, parmi eux : Kenn Bass, David Henry Brown Jr., Sebastiaan Bremmer, Beth Campbell, Paul Campbell, Heidi Cody, Christoph Draeger, Cadence Giersbach, Adriana Arenas Llian, K.K. Kozik, Sheila Moss, Mick O’Shea, David Opdyke, Joe Amrheim, Guy Ricards Smit et Spessi.

En collaboration avec Christine Ollier, directrice artistique de la galerie Les filles du calvaire, ils présenteront une sélection de quatre artistes, vivants à Brooklyn, représentatifs de leurs différents axes, et permettront sans doute au public parisien de faire quelques belles découvertes :

Un vidéaste performeur et aquarelliste pas vraiment politiquement correct et franchement décapant, Guy Richard Smit, américain pure souche, amènera, à Paris, son alter-ego vidéo, Johanathan Grossmalerman, pour conter aux spectateurs les bas fonds les plus sordides du monde de l’art et la comique histoire de la gloire et de la chute du « Big Paiting Guy », parodie tragique et impitoyable d’un one man show de cabaret.

Un jeune photographe hollandais, Sebastiaan Bremer, en passe d’avoir une reconnaissance internationale avec ses dessins minutieux sur photographies couleurs tel un pictorialiste à tendance pop. Cet artiste fait émerger ainsi de multiples mondes potentiels tels la mémoire ancienne d’une rêverie idyllique.

Une vidéaste d’origine colombienne, Adriana Arenas Llian, dont les films visuellement magnifiques ont été très remarqués lors l’exposition de réouverture à PS1 en 1999. Elle présentera une installation, Precious Stone and Gold Factory, qui a déjà été exposée cette année chez Roabling Hall, à Rice University Art Gallery à Houston et à la Parche à Bogota. Cette installation est faite pour nous faire sourire car elle est emprunte d’un romantisme surrané sorte d’hymne à l’innocence perdue, une machine imaginaire, poétique et alchimique, inventée afin de retrouver et de ressuciter les émotions perdues.

Un plasticien d’origine suisse, Christoph Draeger, dont on a pu déjà apercevoir en Europe (Biennale de Venise) les installations vidéos et les images puzzles de désastres et de catastrophes de la société contemporaine présente ces dernières photographies. Le désastre, thème récurent dans sa recherche artistique et aussi le « bien-aimé des médias, son regard fasciné et alluciné de Christoph Draeger le transpose en panégyrique visuel.

Si les travaux de ces quatres artistes brooklynnois sont issus de problématiques et d’horizons culturels différents, ils sont très représentatifs du melting pot artistique américain et sont quelque part, tous les quatres, les avocats discrets d’une certaine désillusion émotionnelle suscitée par la société contemporaine.