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Galerie Les filles du Calvaire

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Sans titre, 2002, 240 x 120 cm

Olivier Mosset

Olivier Mosset

Exposition du 02 février au 09 mars 2002

L’œuvre d’Olivier Mosset, que l’on sait, depuis BMPT, radicale, se révèle une fois de plus et, presque ironiquement, pertinente — voire incontournable — pour une lecture contemporaine des champs de la peinture.

Dès la fin des années 1960, de manière démonstrative et polémique, Olivier Mosset pointe du doigt, comme l’écrit Edmond Charrière, « l’urgence de tout recommencer à zéro, d’interroger la validité de la peinture en agissant au niveau même de son processus de production (…) »(2) Le peintre se dirige d’emblée vers l’implacable réduction de la création qu’on lui connaît, jouant des formes et d’une homogénéité chromatique qui caractérise désormais l’ensemble de son œuvre.

Cette opiniâtre étroitesse du champ de travail ouvre des perspectives fondamentales. La série — dix toiles blanches — qu’accueille la galerie exhale la neutralité picturale initialement prônée par l’artiste.

Le blanc, complice du noir, a pu souligner les monochromes véritablement colorés — roses, oranges, violets… — du peintre. En lui destituant cette fonction d’agrément, Olivier Mosset érige la non-couleur en couleur, anonyme, immobile et muette. Poussant à l’extrême une esthétique de l’indifférence, le peintre convertit le principe de neutralité en principe d’effacement total, principe en parfait accord avec la thématique du néant, du silence, qui depuis le début de sa carrière, guide son œuvre.

L’abandon volontaire de tout contenu anecdotique, significatif, interprétatif, jusqu’à maintenant source de méditation sur l’essence même de la couleur, subi un ultime détournement, et convie le regard au calme méditatif de monochromies blanches mais dont « les dessous » — visibles par les bords — regorgent de couleur. Réduction apparente, qui, paradoxalement, libère l’œil, et permet une ouverture multipliée par la juxtaposition des toiles.