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Galerie Les filles du Calvaire

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Renée Levi

Duh

Renée Levi

Exposition du 15 mars au 26 avril 2008

La galerie est heureuse d’accueillir l’exposition de Renée Levi qui fait suite à une série d’expositions et d’interventions in situ dans plusieurs lieux et centres d’art : Centre d’art Le Quartier à Quimper, la Maison de la culture à Amiens, le Credac à Ivry-sur-Seine, le Parvis, le centre d’art contemporain à Ibos (Tarbes) ainsi qu’à la galerie Les filles du calvaire à Bruxelles. Ses expositions ont donné lieu à une publication en coédition en 2007.

« L’histoire commence à Genève, le jeudi 23 octobre 2003, au Mamco précisément où Christian Bernard m’offre le catalogue Renée Levi. Kill me afterwards . S’il peut arriver qu’un catalogue suffise à déclencher l’enthousiasme sur le travail d’un artiste, il est en revanche extrêmement rare qu’il décide à lui seul de l‘engagement critique. Le plus souvent, en effet, la publication arrive après l’expérience concrète de l’œuvre, comme trace et comme mémoire. Tout ici se passa autrement et, dans les temps qui suivirent, je n’ai pas manqué une occasion de dire tout le bien que je pensais d’un travail que…je n’avais jamais vu ! Quelques mois plus tard, occasion allait cependant m’être donnée de combler cette fâcheuse lacune puisque le Quartier, centre d’art contemporain de Quimper, la Maison de la Culture d’Amiens et l’espace bruxellois de la galerie Les Filles du Calvaire, fin 2004-début 2005, organisèrent une série d’expositions consacrées à Renée Levi que je chroniquai pour Artpress.

Ce qui m’avait explosé à la figure, en feuilletant le catalogue, c’est ce culot monstre, cette affirmation franche, optimiste, décomplexée, un rien fanfaronne, d’une peinture non seulement possible, mais comme allant de soi, évidente, conquérante. Plus encore que les tableaux, m’avaient impressionné les interventions dans l’espace public ou semi-public. Dans l’escalier d’une clinique à Zürich, une banque à Bâle, ce plafond de la direction des rectorats des universités à Bonn, une salle de conseil communal à Lucerne, c’est l’idée même de la présence picturale, toute une tradition qui étaient bouleversées. Quoi ? Ces couleurs acides, fluorescentes, criardes et vulgaires eu égard à l’immémoriale science chromatique ? Quoi ? Ces teintes de l’industrie et du commerce ! Cette peinture à la bombe, cet épouvantable spray ! Comment osait-on recouvrir les murs d’une honorable institution de ces signes qu’on aurait cru directement issus de la rue, de ces déplorables graphes et autres tags qui défigurent nos villes ! Ah ! Pauvre Suisse ! Oui, mais c’est que dans la banque, la clinique, la salle du conseil, ladite peinture tenait ! Mieux, elle occupait des espaces qui semblaient n’avoir attendu qu’elle. Que de verrous alors ont sauté qui rendirent possible ce mariage scandaleux entre une fiancée un tantinet « mauvais genre » et de vénérables maisons à qui des générations de rejetons irréprochables avaient donné leurs lettres de noblesse ! Le comble alors fut que ce bol d’air frais sembla tellement convenir aux commanditaires que l’on dut rapidement se rendre à l’évidence du malentendu. En effet, l’efficacité décorative des interventions de Renée Levi était telle qu’on s’accommoda bien vite de la distorsion qu’elles provoquaient, à tel point qu’on en redemanda. Dès lors, propositions et offres de commandes affluèrent. Et c’est ce charmant consensus plein d’assurance et d’avenir que l’artiste déclina. C’est ce refus, d’une rare conséquence éthique, qui nous permet à présent de regarder ces peintures pour ce qu’elles sont : rudes, exigeantes, tendues et toujours très risquées. Levi, en effet, ne joue pas avec la peinture pour produire du décoratif, mais, tout au contraire, elle utilise l’apparence décorative pour produire une peinture qui résiste à toute instrumentalisation. Par ailleurs celle-ci ne relève ni d’une esthétique de la rue (elle est à cent lieues de cette culture) ni d’une tradition décorative, fût-elle olé ! olé ! Elle s’inscrit au contraire dans la longue histoire de ce médium et lui pose inlassablement les questions qui le travaillent depuis Lascaux : la surface, la couleur, le geste, le trait, la forme, la figure, le format, la lumière, le cadre, le support, le contexte et, face à cela, la place du regardeur. Mais il est temps à présent de dire un mot de l’apparence première de cette peinture et de la manière dont elle advient. […]

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