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Galerie Les filles du Calvaire

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Steven Parrino, Spin Out Vortex, 2000, 182 x 182 cm

Steven Parrino, Spin Out Vortex, 2000, 182 x 182 cm

Steven Parrino

Steven Parrino

Exposition du 02 février au 09 mars 2002

Steven Parrino , bien qu’immédiatement associé à l’art conceptuel, s’est tracé un chemin bien personnel qui l’a aussitôt démarqué de ce courant. Musicien d’origine, il se tourne vers une peinture que Michel Gauthier qualifie de « vandale » : des « (…) toiles froissées sur leur châssis : vastes monochromes, dont une partie de la surface, plus ou moins grande selon les occurrences, a été désagrafée pour être froissée puis réagrafée dans sa nouvelle position, que signalent de nombreux plis »(3). Cette technique stigmatise un principe d’action qu’on retrouve dans l’ensemble de son œuvre : l’accident, et le rejet systématique de la conformité, voire de la complaisance de la peinture. Cette volonté de métamorphoser toute discipline picturale par un geste radical conduit l’œuvre de Steven Parrino à la frontière entre la peinture et la sculpture, ou plutôt, comme le dit Olivier Mosset, à quelque chose qui n’est « ni de la peinture ni de la sculpture »(4).

La galerie accueille des pièces qui se situent précisément à cette frontière : monochromies noires percées de diaphragmes qui vont s’élargissant, véritable crescendo prismatique, qui renvoie au vide de la peinture, à son absence. En effet, si l’on peut dire, de prime abord, que Steven Parrino poursuit la tradition du monochrome, ce n’est sans ajouter immédiatement que l’artiste l’affronte plus qu’il ne s’y plie. En détruisant toute prétention à la pureté idéalement attachée à l’homogénéité chromatique, l’artiste pervertit le plan pictural en explorant toutes les distorsions possibles qu’il peut infliger à la toile.

Les toiles de Parrino cèdent à des glissements et froissements que l’artiste leur impose, se révélant ainsi en un réseau anarchique de pliures. Cette étape met en évidence la matérialité d’une surface initialement lisse, désormais torturée, et révèle une perfection perturbée, voire définitivement anéantie : ces toiles froissées « valent de constituer l’une des formes les plus radicales de destruction du tableau moderne (…) » (5).

Steven Parrino, Spin Out Vortex, 2000, 182 x 182 cm