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Galerie Les filles du Calvaire

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Xavier Noiret Thomé

La parade des cannibales

Xavier Noiret Thomé

Exposition du 28 novembre 2009 au 16 janvier 2010

Soucieux des règles de la méthode picturale mais conscient de l’asservissement iconique qu’implique généralement la relation entre le spectateur et le tableau, Xavier Noiret-Thomé a, dès le départ, cherché à affranchir sa peinture de toute tentative de réification. Celle-ci se déploie dans une hétérogénéité de formes, de figures ou de formats afin d’éviter la reproduction d’un programme dont les variations sérielles en constitueraient l’unité. En conséquence, son travail n’est jamais rassurant. Aussi parce qu’il cultive, contre toute notion de goût, une forme de radicalité dont la brutalité exquise et la sensibilité exacerbée concourent à ébranler à la fois l’espace contraignant qu’est la toile et à pervertir les certitudes esthétiques à travers lesquelles le spectateur est censé reconnaître ou justifier la qualité d’un tableau (et donc, forcément, son regard). Le risque d’une telle entreprise serait de glisser vers le kitch, cette provocation guimauve récupérant de manière amusée et cynique les formes du vulgaire, et qui finit toujours par trahir le petit esprit de celui qui y croit. Rien, chez l’artiste, ne doit à cette logique. S’inscrivant dans l’histoire de la peinture sous le mode d’une filiation bâtarde ayant cannibalisé à la fois l’élitisme le plus pointu et les formes d’expressions les plus populaires (de l’huile à la bombe), Xavier Noiret-Thomé étend un univers rhizomique dont l’objectif serait de générer l’altérité – dont on sait depuis Claude Lévi-Strauss, qu’elle fût toujours un scandale.

Le corpus d’images produites par l’artiste relève presque du cabinet de curiosité, où logeaient la diversité et l’enchantement du monde. Celui d’Auguste premier contenait pas exemple une série de portraits d’Empereurs exécutés par Titien qui voisinaient, d’égal à égal, avec un alligator et un phoenix empaillés. Génial syncrétisme dont Xavier Noiret-Thomé serait en quelque sorte l’héritier. Sa prochaine exposition inclura d’ailleurs une curiosité éthnographique « readymadisée »: un fétiche produit par des faussaires camerounais, artificiellement patiné, représentant un être encerclé d’un maillage d’acier à l’intérieur duquel l’artiste à inséré des tapes mouches en forme de toile d’araignée. Outre une métaphore de notre monde contemporain, cette œuvre peut aussi se lire comme l’écho d’une démarche picturale désireuse d’intégrer tous les éléments susceptibles d’en étendre la portée.

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