Toutes les œuvres d’art ont à voir avec la séduction, toutes les entreprises artistiques cherchent à retenir l’attention et pour cela charment ceux à qui elles s’adressent. Le fondement de la peinture d’Emmanuelle Villard est bien processuel. Elle-même affirme que du choix « de certains outils (pots, seringues, pipettes, etc.) […] découlent des manipulations et une gestuelle particulières. » Selon une certaine volonté de mise à distance (mise à distance paradoxale, on l’a vu pour le spectateur, et on le verra pour l’artiste), le tableau est ainsi le résultat de manipulations qui laissent la part belle aux matériaux. Cet aspect a été suffisamment évoqué par Frank Lamy pour que je m’y arrête plus longtemps : « S’impliquer dans ce geste et le prendre comme objet. Pour lui-même, presque indépendamment de ce qu’il va donner. S’absorber dans ce geste et le rendre quasi autonome, sans contenu autre que lui-même. Qu’il ne signifie rien, hors sa propre manifestation. Ce qui n’empêche nullement le sens d’affleurer, de jaillir. Mais peut-être ailleurs. »

Eric de Chassey

C’est donc vraiment une histoire de séduction on étudie toutes les solutions (extrait)

Née en 1970, Emmanuelle Villard est une artiste française qui vit et travaille à Paris . Son travail a été présenté récemment à l’occasion d’expositions collectives en France parmi lesquelles Non figuratif, un regain d’intérêt? au Centre d'Art Contemporain de Meymac en 2016, Ritournelles à la Chapelle Saint-Gildas de Bieuzy-les-Eaux, Avec et sans peinture au Mac/Val de Vitry-sur-Seine et A posteriori à La Maréchalerie de Versailles en 2014. Elle a présenté les projets Peinture, arsenic et vieilles dentelles à la Galerie Les filles du calvaire et Objet spectacle à l’auditorium du Mac/Val de Vitry-sur-Seine en 2014.