Catherine Poncin fait partie de ceux qui s'emparent des archives et cherchent les moyens de les faire résonner – pour nous faire ressentir ce que les acteurs les plus modestes de l'Histoire ont pu vivre. Faire se reproduire le passé dans de nouveaux mirages.

Voilà ce qu'entreprend l'art de Catherine Poncin, dans sa collecte d'images, dans les rencontres avec des parcelles d'archives au sein des institutions : elle fertilise par fragmentation, comme lors d'une division cellulaire. L'artiste n'exploite pas la source. Elle produit la source.

Elle est monteuse comme on le dirait d'une pratique cinématographique : coupe, colle images et sons, paroles et situations. Mais plus encore, elle enquête, établit des protocoles, interroge, enregistre, classe. La photographie relève d'un art de l'amplification. Catherine Poncin ne cesse de le démontrer avec le matériel des sources, non pas donc en " prenant des photos ", mais en les reprenant – en allant les rechercher comme l'archéologue extrait les vestiges – et en déployant toutes les modalités de leur amplification.

Michel Poivert in Catherine Poncin, Le passé amplifié, Editions Filigranes, 2015

Née en 1953 à Dijon (France), Catherine Poncin vit et travaille à Montreuil (France). Elle a récemment participé à plusieurs expositions collectives : ‘Fragments’ à la galerie Les filles du calvaire (Paris), ‘Les Ombres’ au Musée de l’Image (Epinal, France), ‘Stories of places and spaces, bodies and ties’ au Arendt House (Luxembourg), ‘Sur le motif’ à la Maison d'art Bernard Antonioz (Nogent-Sur-Marne).