Olivier Mosset est essentiellement connu du public pour avoir fait partie en 1967 et 1968 de ce mouvement initié par quatre artistes en révolte contre l’institution artistique : Buren, Mosset, Parmentier, Toroni. Alors même que pour la jeune génération des peintres contemporains européens et américains, il constitue aujourd’hui une figure symbolique majeure, la suite de son parcours est encore mal connue. Son œuvre ne se résume pas en effet aux fameux " Cercles " de l’époque BMPT. Elle déploie à travers l’abstraction géométrique, le monochrome puis la post-abstraction une méditation, ininterrompue pendant quarante ans, sur le devenir de la peinture à l’ère du capitalisme mondialisé. Son impact, suffisamment fort pour qu’Olivier Mosset soit nommé pour représenter la Suisse à la Biennale de Venise en 1990, tient à son inscription très particulière : Olivier Mosset est en effet le seul peintre européen à s’être immédiatement situé dans la postérité de la grande peinture abstraite (Frank Stella, Robert Ryman, Jasper Johns), et à avoir ainsi pu effectivement participer aux débats artistiques qui se sont déroulés aux USA au tournant des années 80 et 90. Vivant depuis 1977 entre les deux continents, médiateur entre les deux cultures, il a grâce à ce dialogue construit une œuvre à la mesure à la fois des formats américains et de la réflexion critique occidentale.

Texte de Catherine Perret

Olivier Mosset, la peinture même , éditions Ides et Calendes, Lausanne, 2004 (extrait).

Né à Berne (Suisse) en 1944, Olivier Mosset vit et travaille à Tucson, Arizona (USA). Son travail a récemment été présenté à la Bertha and Karl Leubsdorf Art Gallery de New York en 2016, à la galerie Guy Ledune de Bruxelles, ainsi qu’au Centre Culturel Suisse, a Triple V (Paris), à la Campoli Presti et à la Galerie Yvon Lambert de Paris.