Plus que des portraits, Katinka Lampe peint des visages, ceux d’enfants ou d’adolescents : des visages sans histoire qui sont des êtres de peinture surgissant de grands fonds colorés. De trois-quarts, de face, en buste, le regard droit ou dissimulé derrière la chevelure, les visages intriguent et veulent entrer en dialogue avec le spectateur. Ils expriment tous à leur manière le même souhait avec une certaine fébrilité : ils veulent devenir autres. En anglais, on emploie le terme « wannabe » (l’argot pour « want to be ») : quand le « vouloir être » devient plus fort que n’importe quel état, comme une quête désespérée, dirigée vers un inatteignable.

Léa Bismuth

Katinka Lampe est née en 1963 à Tilburg, aux Pays-Bas. Depuis 1991, elle vit et travaille à Rotterdam. Elle a participé ces dernières années aux expositions collectives What’s behind that painted smile, de Vishal et Met Hart en Ziel à Haarlem (Pays-Bas), Femina, ou la réappropriation des modèles au Pavillon Vendôme de Clichy ou encore Into the light au Musée d’art moderne d’Arnhem (Pays-Bas). Ses travaux ont fait l’objet d’expositions personnelles telles que Slash à La Galerie Les Filles du calvaire en 2016 et Children's portraits au Museum van Loon d’Amsterdam en 2014.