Noémie Goudal
Telluris

2017

La galerie Les filles du calvaire a le plaisir d’annoncer l’exposition personnelle de Noémie Goudal.

Depuis ses débuts à Londres au Royal College of Arts et à la St Martins school, Noémie Goudal a opté pour la manipulation des images. Entre géographies réelles et géographies construites, elle explore le rapport de la nature à l’artificiel, de la science à l’imaginaire, du construit à l’inventé. Dans une réalité alternative qui défie les lois de la perspective, ses photographies redéfinissent un paysage à travers des installations qui explorent chaque strate de l’image. Ces conceptions volumiques, pareilles à des sculptures, sont implantées dans la nature avant d’être photographiées. Elle réunit ainsi, au sein d’une même image, plusieurs territoires encourageant délibérément la réconciliation entre le réel et l’inventé.

Au rez-de-chaussée, Noémie Goudal présentera sa dernière série, Telluris, réalisée au printemps dernier dans le désert californien, ainsi qu’une installation in situ dans le puits reliant les deux espaces de la galerie.

Dans cette série, l’artiste incruste au paysage des structures cubiques. Ces cubes, inspirés des décors des montagnes fictives et de leur charpente interne, évoquent les "monts" sacrés des mythes et légendes. Comme un personnage de René Daumal dans Le Mont Analogue, Noémie Goudal part à la recherche symbolique des montagnes et explore une nouvelle typologie de forme, celle du cube. Si Telluris revient sur la charge mythique de ces espaces, le corpus cite aussi les théories anciennes de la formation du relief de la Terre, cette géomorphologie à l’origine de nombreuses spéculations. Dans ses compositions, Noémie Goudal retient et condense l’imaginaire que le mythe et la science stimulent. Encore une fois, le paysage devient psychique et naît d’une construction mentale que l’artiste tente d’anticiper.

Au centre de l’espace d’exposition, entourée de la série photographique, s’élève l’une de ces installations cubiques. Réadaptée pour l’occasion, cette imposante sculpture de bois invite le visiteur à entrer, non seulement dans le processus de création des images, mais également dans l’expérience sensorielle et mythique voulue par l’artiste.

Motivées par cette recherche constante d’imbriquer la fiction et le réel, les photographies de la série Southern Light Stations (2015 – 2016), présentées à l’étage de la galerie, reflètent la perception que l’humain a du ciel et les représentations qu’il y projette. C’est la première fois que l’ensemble de la série est ainsi réuni. Cette série, inspirée des cosmogonies anciennes et de l’histoire de l’astronomie oscille entre deux référents : la science et le mythe. Elle mêle étroitement des recherches sur les théories scientifiques. Noémie Goudal construit ici d’imposantes installations faites de matériaux comme le papier, le miroir, le bois. Suspendues dans le ciel, surplombant des points de vue élevés ou dans des lieux isolés, les structures tendent à questionner l’intangible nature de la voûte céleste. Longtemps considérée comme le miroir des troubles terrestres, elle est aussi la plus haute expression du sacré.

Ce procédé met en relief la réunion d’espaces fictionnels qui permet aux images d’offrir de nouvelles perspectives à la toile photographique. Supprimant délibérément la réconciliation entre le réel et l’inventé, les constructions activent les imaginaires en point de glissement du récit à l’espace de fiction.

Enfin, la vitrine, nouvel espace sur rue de la galerie, est transformée en véritable atelier où l’artiste présentera ses recherches sur sa future série Terrela. Ses recherches et ses essais s’y exposent et témoignent de l’obsession de l’artiste à chercher de nouvelles formules.

L’exposition à la galerie sera suivie en 2018 d’exposition personnelle au Finnish Museum of Photography d’Helsinki en Finlande et au Fotografiska Museet en Suède.