BEECH John, Rotating painting n°168 (teal), plexiglas, émail, 2005 ; Rotating painting n°148 (orange), plexiglas, émail, 2003

WALSH Dan, Holding, Acrylique sur toile, 139,5 x 139,5 cm, 2003

'minimalpop' a été présenté à la Florence Lynch Gallery, New York City (USA) en juillet 2004. Cette expostion est conçue par Petra Bungert, directrice du CCNOA, le centre pour l’art contemporain “non-objectif” à Bruxelles (B) et par l’artiste allemand Tilman, comme une exposition de groupe itinérante.

Ces artistes poursuivent des recherches personnelles en matière d’art “non-objectif”. Tous attachent une signification toute particulière à la perception rétinienne, sensuelle et physique, et à la relation entre le spectateur, l’architecture et les oeuvres d’art, dans un registre expérimental.

Différents courants d’art « non-objectif » se sont développés au cours du siècle passé. Le mouvement artistique a été initié par ses pères fondateurs (Malevich, Rodchenko, Mondrian, Strzeminski), et s’est poursuivi pendant la deuxième moitié du 20ème siècle à travers les œuvres de ses principales figures de proue (Newman, Rothko, Klein, Stella, Judd, Ryman, Palermo) et mouvements (Expressionisme Abstrait, Art Concret, Zero et BMPT à Paris et le Minimalisme aux Etats-Unis). Grâce à eux, les approches minimalistes de la peinture et de la sculpture se sont fortement répandues. Bien qu’inspirés par des idéaux très différents, ces artistes n’en partageaient pas moins un objectif commun : augmenter la compréhension de la culture et de la vie quotidienne à travers leurs œuvres. Depuis les 20 dernières années cependant, seuls quelques artistes renommés et établis ont poursuivi ces idées et ces préoccupations, et ont vu leur travail apprécié et reconnu. La peinture, et spécialement la peinture « non-objective », a commencé son déclin au milieu des années 60 (Cf. l’observation de Judd qui constatait que la peinture était alors devenue impossible), et son arrêt de mort fut prononcé au milieu des années 80. Les œuvres figuratives revinrent au devant de la scène. Le succès de la photographie comme mode d’expression artistique autant que comme mise en évidence irrésistible du réel, de même que l’apparition de formes artistiques orientées sur ce médium médiatique renforcèrent encore le mouvement. Malgré ces tendances, on assiste à une re-considération de l’art « non-objectif », à une réévaluation de certaines des valeurs qui l’ont inspiré auprès d’une nouvelle génération d’artistes. En regardant par-dessus les épaules de leurs prédécesseurs, retrouvant des idées et des « ismes » oubliés, ils ont développé et poursuivi leur approche personnelle dans l’expression de l’abstraction, l’ancrant dans leur époque et dans leur environnement. Sans renier les paramètres, la connaissance et les préférences de leurs prédécesseurs (spécialement le Minimalisme qu’ils ont adopté), ces artistes ont pris une position plutôt extravertie dans le registre de l’abstraction, explorant et développant les subtilités de notre environnement quotidien ainsi que de la culture populaire culture et ses éléments constitutifs. Un intérêt croissant et un engagement dans la réalité du public, alliés à l’expérimentation à l’aide de techniques et de matériaux considérés comme non-artistiques, ont eu pour résultat une approche mieux intégrée et plus étendue en termes de lieux (architecture & fonction), matériaux (aspects visuels & tactiles), de processus (action et traitement artistique), et de temps (durée et changement). Les prises de position dogmatiques et pragmatiques des héros de l’époque précédente ont été remplacées par une approche ludique, en phase avec l’immanence de notre époque. Ils ont mené par conséquent à l’exploration d’autres domaines artistiques qui ont étendu le champ de la culture contemporaine, au son, à l’architecture, à la musique, aux matériaux génériques, à la vidéo, etc. Tout cela a élargi la compréhension et la perception de l’art « non-objectif », de ses formes, de ses fonctions et de sa légitimité, de même que la perspective de l’échange réciproque entre la réalité matérielle de l’art et la vie.

Petra Bungert

Courtesy : Galerie chez Valentin, Galerie Medhi Chouakri, Galerie Ulrich Fiedler, Peter Heilmer Kunsthandel e.K, Galerie S65, PS Project, Galerie Onrust

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