Catherine Poncin et Damaris Risch
Ode à neuf voix, 2011-2012

Installation multimédia

Montage vidéo: Sarah Zaanoun; Programmeur: Etienne Landon; Composition musicale : Jean Kowalski ; Studio Eugénie Aka, Liège, Belgique; scénographie : Jacky Lautem.

Production La Condition Publique, Roub

[...] L’ambiance sombre, légèrement scintillante fait apparaître sur fond d’écran blanc et cadres serrés les neuf invités de Catherine Poncin et Damaris Risch.

Un visage, des visages. Dans cette entreprise humble et spectaculaire à la fois, ni la compassion, ni la violence d’un discours convenu, en un mot le sensationnel – vertu, semble-t-il, essentielle de notre culture de commu- nication –, ne trouvent droit de cité.

Et si représenter, c’est une manière de raconter une histoire, celle-ci se déploie en différentes strates. Tout d’abord, elle se donne à voir et s’offre au plaisir des yeux : ici, des séquences vidéo ralenties, d’un noir et blanc contrasté, ailleurs, des visages d’un hyperréalisme touchant. Ou encore des portraits fixes, que Catherine Poncin a placés sur un fond de tissus collectés dans les archives du musée La Piscine, comme autant d’évoca- tions symboliques rappelant à la fois l’histoire de la cité roubaisienne et les trajets de vie de chacun. Pour Maria, qui souvent dodeline de la tête, un motif doux, tout en arabesque ; pour Moussa, du velours en relief qui n’est pas sans rappeler les salons orientaux ; pour Matthieu, le professionnel de l’environnement, la trame dense d’une toile retournée qui dessine

16 des territoires escarpés..Mais représenter, ce peut être également faire entendre : le brouhaha de la ville troué par des bribes de discours d’hommes politique ou de militants sur les quartiers populaires et leurs représentations sociales dans Terres arbitraires, ou des chansons maladroites dans Ode à neuf voix.

Une présence

Enfin, représenter n’est pas illustrer. Ici, on a simplement affaire à de la pré- sence. Ce ne sont pas Zenab, Alice, Maria, Moussa, Agnès, Abderrahim... qui sont là en personne, mais leur présence. Leurs reflets, à la surface des écrans vidéo, disent ce que sont ces corps : des bouches qui parlent, des oreilles qui écoutent, des yeux dans lesquels s’expriment l’attention à ce qui est dit.[...]

Texte de Frédérique Chapuis dans Un Visage, Des Visages, La condition Publique, Roubaix, 2012.

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