Dans le cadre du festival PhotoPhnomPenh 2011, Dorothée Smith ainsi que Matt Wilson présenteront leur travail au cours de deux expositions personnelles.

« L’eau peut devenir vapeur ou glace ». Cette constatation, que la jeune artiste Dorothée Smith a pu faire en Finlande où elle développa son envie de travailler avec les images après une solide formation de philosophe dit le cœur de son exploration. Questionnement de l’identité, sexuelle entre autres, puisque tout est possible et que les choix sont le résultat de complexes alliages de circonstances, de ressenti, de volonté et de rencontres. Dans une savante et raffinée approche de la couleur, dans des transparences rares qui révèlent aussi bien le portrait de jeunes gens que des paysages apparemment calmes, l’ancienne étudiante de l’Ecole d’Arles, qui poursuit aujourd’hui ses recherches au Studio du Fresnoy, allie naturellement photographie et vidéo. Elle ne nous propose pas, bien qu’il soit extrêmement beau, un monde idéal mais un questionnement, apparemment serein, sur qui nous sommes, depuis toujours.

Matt Wilson réalise un travail par séries, qui n’hésite pas à mêler le noir et blanc et la couleur, pour restituer des impressions, dans des espaces familiers ou dans ses voyages à Cuba, en Bosnie ou aux Etats-Unis. Par petites touches, aussi subtiles que ses tirages de petit format, il laisse la lumière nimber les scènes, caresser les formes, définir finement les espaces, sans jamais chercher à démontrer, mais en voulant sans cesse donner à voir. Voir, avec la plus juste des distances, d’infimes moments de grâce qu’il renvoie savamment à une culture picturale classique, presque romantique. Et le temps s’éternise, même quand nous percevons le déplacement et le plaisir instantané de la découverte.

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