Emmanuelle Villard
Vue de l'exposition, abbaye de Maubuisson © Photo: Catherine BROSSAIS |
Pour donner à chacun la possibilité de découvrir le travail de l’artiste plasticienne Emmanuelle Villard, l’abbaye de Maubuisson et la Galerie Les filles du calvaire à Paris se sont associées et ont conçu autour de cette artiste française un cycle d’expositions (Artifici finti #1 du 24 novembre 2011 au 14 janvier 2012 à la Galerie Les filles du calvaire et Artifici finti #2 du 30 novembre 2011 au 28 mai 2012 à l’abbaye) et une publication, qui paraîtra début 2012.
En intervenant à l’abbaye de Maubuisson, ancienne abbaye cistercienne de femmes édifiée au début du XIIIe siècle, Emmanuelle Villard propose un monde de prime abord séduisant, féminin et baroque, qui va à l’encontre du mode de vie des anciennes moniales et du dépouillement et de l’épure caractéristiques de la sobriété cistercienne.
Emmanuelle Villard poursuit son exploration méthodique de la peinture et s’interroge sur la pertinence de l’abstraction dans le paysage artistique contemporain. Il y a dans son oeuvre la jubilation esthétique de la peinture, et en même temps l’ouverture de la peinture abstraite à des problématiques contemporaines : la prépondérance de l’image, le corps, l’intime, la féminité, la mascarade, la séduction… Là où de nombreux artistes contemporains s’engouffrent dans l’exhibition intimiste ou la figuration spectaculaire du corps, Emmanuelle Villard préfère invoquer le trouble dans lequel nous vivons au sein d’un monde de surconsommation et de surenchère de séduction. Nous sommes comme perdus entre fascination et répulsion. C’est dans cet entre-deux que se situent les oeuvres de cette artiste qui convoque l’esthétique du luxe et autres simulacres et artifices de l’apparence. L’univers d’Emmanuelle Villard, un peu trop brillant en surface, est peut-être à l’image de celui dans lequel nous évoluons.
L’exposition personnelle que lui consacre l’abbaye de Maubuisson revêt la forme d’un parcours constitué de cinq nouvelles installations - produites par l’abbaye de Maubuisson - utilisant différents médias. Ici, la peinture sort de son cadre et s’associe au monde de l’objet : installation (ensemble des salles abbatiales), collage (salle du Chapitre), dessin (salle du parloir), peinture (salle des religieuses) et sculpture (salle des religieuses, salle du parloir, antichambre et latrines). Lumineuses, colorées et débridées, les compositions d’Emmanuelle Villard osent aborder la question tabou de la beauté en art contemporain. Par-delà leur vitalité, leur profusion d’ornements et leur fantaisie, ses assemblages nous interrogent précisément sur ce qu’est l’art et sa valeur.
À noter : une publication sur le travail d’Emmanuelle Villard et sur son exposition à l’abbaye de Maubuisson paraîtra au 1er semestre 2012