Marcel Dinahet
Falaise (Ouessant), 2008

Image extraite de la vidéo, durée 3'08

Vernisssage : vendredi 8 juin 2012 à 18h

Chaque artiste choisi déploie ses paradoxes pour nous faire « revoir » - voir autrement - encore une fois- la nature.

L’homme est limité, les techniques qu’il va employer pour faire semblant de maîtriser la nature, ses événements, ses éléments, sont des leurres. Les artistes que nous rassemblons au Musée de Beauvais ne sont ni les maîtres ni les possesseurs de la nature, ils font comme s’ils l’étaient. Tout cela se manifeste dans leurs petites ou grandes histoires, les mythes, les reconstructions, les reconstitutions, les fictions qu’ils se racontent dans le plaisir du dépaysement et des déplacements.

Parcourir réellement avec ses pieds les chemins naturels et créer des traces de tout cela (Fulton, Udo, Niedermayr), réaliser de faux voyages (Le Gac, O’Loughlin), montrer qu’on contemple chacun la mer avec des yeux médusés, qu’on lui paye une dette pour essayer de mieux cerner encore cette horizontale qui sépare l’eau de l’air (Kuntzel, Dinahet, Sugimoto). Penser la nature en crise : elle ne pourra plus jamais être perçue comme avant, elle est devenue une mémoire historique remplie d’événements inénarrables (crimes contre l’humanité, catastrophes naturelles) (Mouraud).

Dresseurs de vagues, de flammes (Jaccard), d’arbres… Ont-ils été, tous, amoureux de la nature à s’en pâmer, à en tomber dans les pommes, comme Rousseau, ou à la méditer sentimentalement (Lévêque) ?

C’est l’histoire de la fabrication de l’homme par lui-même qui se trame à travers ces fictions créées à partir de son rapport à la nature. Les artistes présents dans cette exposition Œuvre contre Nature/Fictions d’un promeneur d’aujourd’hui sont tous témoins de quelque chose que nous n’avons pas vu. Les images de la nature ne cessent de se nouer, de se renouer, de se dénouer des catégories de l’imaginaire, de l’imagination et du fictif. Autour de l’image de la nature, les problèmes de l’image et de la nature se posent pour rendre visibles des au-delàs.

Les hommes sont des fabricants d’images, des fabricants d’au-delàs ; les artistes sont des fabricants d’images de la nature avec des techniques qu’ils maîtrisent pour mettre de l’ordre là où l’ordre n’est pas comptable.

Ce sera donc devant ces vérités comme structures de fictions, à travers ces constructions, que la vérité de la nature pourra certainement mieux se révéler. Devant ces produits d’expériences poétiques de la vie face à la nature, restons donc couchés, proches de Rousseau, dans le fond d’une barque sur le lac de Bienne, inoccupés, dans un temps où l’on n’attend rien que d’être rempli du temps de la vie.

Diane Watteau

Horaires: Ouverts tous les jours de 10h à 12h et de 14h à 18h - Dimanche et certains jours fériés inclus - Fermeture hebdomadaire le mardi.

http://www.oise.fr/culture-et-vie-locale/le-musee-departemental/

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