Sans titre, 2006, 50 x 50cm, huile sur toile

Interruption de l'exposition du 23 février au 5 mars

Depuis quelques années Katinka Lampe peint essentiellement des portraits. Ce qui l’intéresse par-dessus tout c’est l’illusion du plan en deux dimensions de la peinture qui crée comme par enchantement une image réaliste bien qu’il ne s’agisse que de peinture sur toile.

Les raisons pour lesquelles Lampe peint surtout des enfants ont très peu à voir avec leur côté mignon ou touchant. Elle choisit des corps et des visages d’enfants parce qu’ils ne portent ni de rides ni autres marques du temps. Cela imprégnerait ses visages d’un excédent de caractère. Ils deviendraient alors des portraits d’individus avec une histoire et un vécu qui serait le leur ; et c’est justement cela qu’elle évite catégoriquement.

Ce qui intéresse Lampe c’est la peinture en soi. Elle explore les possibilités de la peinture sur la toile et est en permanence à la recherche de la limite entre abstraction et figuration. Pour renforcer cet aspect elle ajoute une couche supplémentaire aux images qu’elle crée. En ajoutant un élément dissonant elle introduit de la distance face à l’illusion. Une bouche trop grande, un nez étrange, des cheveux aux allures de perruques ; à première vue c’est éléments dérangent. Ses « portraits » s’éloignent intentionnellement de la perfection. Le message est que nous regardons de la peinture et que les sentiments et les émotions que nous ressentons face à ce qui est représenté sont complètement décalés.

De plus, la marge de manœuvre de Lampe est limitée. Elle se situe sans cesse avec entre une description réaliste et une intervention artificielle. De plus elle s’astreint elle-même a ne peindre que des portraits. Après tout les yeux, les cheveux, le nez et la bouche on chacun une place déterminée.

Dans les séries de tableaux certains visages apparaissent plusieurs fois. Le même modèle et la même pose sont peintes de manières différentes. Ces peintures démontrent clairement la façon de procéder de l’artiste. Avec une apparente facilité elle s’applique d’abord à peindre les mêmes visages qui forment uns sorte de base de travail, un point de départ. A ce stade la peinture ne doit en aucun cas être brillante est aucune touche n’est visible. Ensuite, elle ajoute par exemple une bouche d’adulte, un bouton anormal sur le visage, des cils étrangement épais ou encore un nez de cochon. Une fois de plus Lampe a séduit le spectateur et l’a égaré en anéantissant douloureusement la belle illusion.

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