Yayoi Kusama, Bed-Dots Obsession, 2002, technique mixte, 231 x 138 x 228 cm

Après la galerie Giorgio Persano (Turin) en avril 2003, la galerie Bernard Jordan (Paris) en novembre 2003 et la galerie Rolf Ricke (Cologne) en mars 2004, la galerie Les filles du calvaire / Bruxelles a l’honneur d’accueillir la galerie parisienne Pièce Unique qui a choisi de présenter, pour l’occasion, le travail de Yayoi KUSAMA. D’autre part, la galerie exposera le jeune artiste français Laurent Delarozière à travers une installation.

Galerie Pièce Unique

La galerie Pièce Unique a été ouverte par Lucio Amelio à Paris en 1988. Son originalité est marquée par le choix de présenter le travail d’un artiste contemporain par une production, souvent monumentale, réalisée spécialement pour l’espace de la galerie qui est une pièce dont la vitrine reste éclairée jusqu’à 2 heures du matin, le visiteur pouvant donc voir l’exposition sans être obligé d’entrer dans l’espace. Ce concept a séduit de grands noms de l’art contemporain : Louise Bourgeois, Daniel Buren, Mario Merz, Jannis Kounellis, Christian Boltanski, Sol Lewitt, Anne et Patrick Poirier et bien d’autres s’y sont succédés. Depuis le décès de son fondateur en 1994, Marussa Gravagnuolo – qui a toujours été de l’aventure – continue ce concept original avec son associée Christine Lahoud. En février 2000, elles ont décidé d’ouvrir en parallèle à la « vitrine » l’espace Pièce Unique Variations afin d’exposer de manière permanente leurs artistes et d’organiser des évènements ponctuels pendant l’année.

Yayoi KUSAMA

Internationalement reconnue, Yayoi Kusama occupe depuis les années soixante une place majeure sur la scène de l’art contemporain. Son travail, qu’elle qualifie d’obsessionnel, est fondé sur la répétition et la multiplication de signes. L’année1960 voit le lancement de son Manifeste de l’oblitération : « ma vie est un pois perdu parmi des millions d’autres pois… ». Enfant, Kusama avait eu la vision hallucinatoire d’un motif de pois décorant une nappe familiale se répéter dans la pièce. Dès lors, son univers en sera peuplé et ses installations habitées d’une multitude de pois colorés mais aussi de miroirs ou de formes phalliques répétées à l’infini ; elle-même intervient souvent comme élément interne de ses propres installations. En 1965, Kusama réalise ses premiers happenings à New York. Surtout connue pour ses sculptures et peintures, Kusama a aussi abordé la mode, la réalisation de films et a également publié des romans. Consacrée par la Biennale de Venise de 1993 dont elle fut la représentante du Japon, elle a bénéficié d’une rétrospective de son œuvre au MoMa à

New York en 1998, et la Serpentine Gallery de Londres lui a consacré une exposition majeure en janvier 2000. En novembre de la même année, elle exposait au Consortium de Dijon huit environnements. Ses plus récentes installations ont été réalisées pour la Biennale de Lyon en 2003 et pour le Whitney Biennal en 2004. La galerie Pièce Unique, qui expose l’artiste depuis 1998, accueillait en 2003 dans sa vitrine le Bed-Dots Obsession ; un lit à baldaquin à pois rouges envahissait l’espace, et un petit portait de Kusama était accroché au mur. Parallèlement, Kusama était présentée à la FIAC avec ses Girls qui peuplent ses dernières œuvres.

Pour son invitation à Bruxelles, la galerie Pièce Unique a décidé de présenter une série de dessins, tableaux et sculptures résumant les caractéristiques de son œuvre.

Laurent DELAROZIERE

Jeune artiste français, Laurent Delarozière (né en 1972) est représenté par la galerie Pièce Unique depuis 2002. En 2004, il a exposé à l’A.R.T (Artist Residency de Tokyo) ; il sera également présent à la FIAC sur le stand de la galerie Pièce Unique. Il montrera à Bruxelles l’installation PAL System Painting, 2003, œuvre composée de 25 toiles de 46 x 38 (acrylique sur toile) et un DVD.

Le format PAL (Phase Alternating Line) utilisé en Europe pour la télévision hertzienne, permet de coder les vidéos à raison de 25 images par seconde à un format 4:3 (c'est-à-dire que le rapport largeur sur hauteur vaut 4/3).

Laurent Delarozière poursuit ses expérimentations sur une image, une interaction entre moyens technologiques et représentation « démystifiante » des différentes expériences visuelles qu’ils engendrent. Travaillant toujours sur le thème du multimédia - au sens propre du terme - cette installation symbolise parfaitement cette démarche. Composée de 25 toiles, elle est la décomposition d'une seconde de vidéo (système PAL), retravaillée par l’entremise de l’outil informatique, puis peinte (acrylique sur toile). On y voit le bas du visage de l'artiste y prononcer le mot "vidéo". La peinture, art de l’instant, acquiert ainsi une dimension temporelle. Fasciné par l'image et les moyens qui la font naître, la toile est le support qui lui apparaît idéal pour conserver une certaine unicité de l'oeuvre. L'image, de nature évidente pour tout un chacun, à travers le regard de l'artiste, prend une toute autre dimension via une symbiose de technologies.

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