Michel Jocaille est un artiste pluridisciplinaire né en 1987. Issu d’un milieu industriel textile du Nord de la France, il tisse un dialogue entre patrimoine industriel et matrimoine culturel. Aux manufactures répondent les gestes appris dans la sphère domestique — du crochet au tricotin en passant par le canevas — des pratiques répétitives et patientes, longtemps reléguées au décoratif, que l’artiste replace au centre pour concevoir le textile comme trace des vallées productives. Le verre capture la fragilité et le motif se répète, comme un battement.
Il développe un travail d’installation et de sculpture, composé d’assemblages de matériaux hétérogènes. Son travail s’inscrit dans une esthétique camp, qui revendique l’artificialité, l’exagération et une certaine théâtralité du geste. En s’appuyant sur des références à la fluidité et à l’hybridation, Michel Jocaille interroge les constructions identitaires et les récits normatifs qui les sous-tendent. Sa démarche articule recherche plastique et réflexion critique, dans une volonté de déjouer les hiérarchies de valeur, de brouiller les systèmes d’interprétation et de renverser les classifications imposées. Elle déploie ainsi une pensée visuelle des marges, attentive aux formes de pouvoir inscrites dans les représentations.
Il vit et travaille à Paris et obtient en 2015 un DNSEP à l’ésä Npdc - Hauts-de-France. Son travail a été présenté au 68e Salon de Montrouge (2025), au Centre Wallonie-Bruxelles (Paris), à la galerie du 19 M Chanel à Paris, ou encore à la Collection Lambert à Avignon. En 2024, il est invité par la Samaritaine à Paris pour réaliser une installation dans une vitrine rue de Rivoli sur le thème du jardin d’hiver.
Il participe à plusieurs résidences et missions publiques en région parisienne et dans les Hauts-de-France, ainsi qu’à des programmes de création à l’étranger, notamment à Wicar à Rome, Dot à Berlin, à la Villa Therapeia à Paxos, et dernièrement aux Sheds à Pantin.

