Abordant des sujets intimes et complexes, l'artiste espagnole Laia Abril structure ses projets au long cours en chapitres, et utilise la photographie, le texte, les archives, la vidéo et le son comme moyens d’expression.

 

Après avoir mené à bien son projet quinquennal On Eating Disorders, consacré aux troubles alimentaires, Laia Abril entame une trilogie, A History of Misogyny, qui explore les mécanismes historiques et contemporains de l’oppression des femmes.

 

Le chapitre préliminaire de A History of Misogyny, On Mass Hysteria, examine la construction sociale et médicale de « l’hystérie » comme instrument de contrôle des corps féminins. Ce projet a été présenté à Photo Elysée à Lausanne en 2023, ainsi qu’au BAL à Paris en 2025.

 

Le premier chapitre, On Abortion, documente les conséquences des législations restrictives sur les femmes à travers des archives, des témoignages et des documents juridiques. Présenté lors des Rencontres d’Arles en 2016 et lauréat du Prix de la Photo Madame Figaro, il a ensuite été exposé, entre autres, au Foto Colectania à Barcelone en 2019 et au Museum of Sex à New York en 2020. En 2024, il est présenté dans l’exposition collective Corps à corps au Centre Pompidou à Paris.

 

Le deuxième chapitre, On Rape, poursuit cette enquête en explorant les structures culturelles et judiciaires qui influencent les récits autour des violences sexuelles. Il a été présenté en 2021 au FOAM à Amsterdam, en 2022 au V&A and Photoworks à Londres, ainsi que dans l’exposition collective What Remains au Moderna Museet en 2025. Ce projet a été récompensé par le Foam Paul Huf Award en 2020.

 

Laia Abril, née en 1986 en Espagne, est une artiste pluridisciplinaire travaillant la photographie, le texte, la vidéo et le son. Après un diplôme en journalisme, elle s’installe à New York pour se consacrer à la photographie et développer des récits autour de la sexualité, des troubles alimentaires et des inégalités de genre. En 2009, elle intègre pour cinq ans une résidence proposée par La Fábrica (Madrid) et par le centre de recherche Benetton à Trévise, où elle travaille comme chercheuse, monteuse et photographe pour le magazine Colors.