Dans l’œuvre de Karen Knorr, l’animal est l’intermédiaire entre la nature et l’homme, tout à la fois intercesseur de la première et avatar surréel du second. Ses œuvres reflètent une mise en abîme critique de l’humanité à travers la forme métaphorique de la figure animalière.— Nathalie Leleu
Karen Knorr, née en 1954 en Allemagne, est une photographe américaine installée à Londres. Elle grandit à San Juan, à Porto Rico, dans les années 1960, dans un contexte culturel qui nourrira durablement son regard, avant de poursuivre ses études à Paris puis à Londres. À l’Université de Westminster, elle étudie aux côtés d’Olivier Richon, Mitra Tabrizian et Mark Lewis, au cœur des débats critiques sur la politique de la représentation qui émergent à la fin des années 1970 et au début des années 1980. Elle a par la suite enseigné et donné des conférences à l’international, notamment à l’Université de Westminster, au Goldsmiths College, à l’Université Harvard et à l’Art Institute of Chicago.
Elle instaure un dialogue à la fois critique et ludique avec le médium photographique, mobilisant diverses stratégies visuelles et textuelles pour explorer ses sujets. Son travail explore la sphère familiale, les modes de vie et la représentation des animaux, en questionnant leur mise en scène dans des contextes muséaux.
À travers la photographie, Knorr examine les traditions culturelles occidentales (des clubs de gentlemen de St James’s aux demeures palladiennes de la campagne anglaise) proposant une lecture incisive de la société britannique. Son travail entretient un échange constant avec l’art conceptuel, la culture visuelle, les théories féministes et les Animal studies.
Ses œuvres ont été exposées dans de nombreuses institutions en France et à l’étranger, notamment à la Tate Britain à Londres en 2024 et au Bergamot Art Center à Santa Monica en 2022. Plus récemment, elle a participé aux Rencontres d’Arles aux côtés d’Anna Fox et elle présentera prochainement son travail aux Châteaux d’Azay-Le-Rideau et d’Oiron.

