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Galerie Les filles du Calvaire

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Kenny Dunkan

Kenny Dunkan

Sur nos murs

Traces, mémoire et résistance

Katrien De Blauwer, Paz Corona, Kenny Dunkan, Laura Henno, Todd Hido, Thomas Lévy-Lasne, SMITH, Edouard Wolton

Du 9 au 26 juillet 2020

[ Ouverture le jeudi 9 juillet 2020 ]

Cet été jusqu’au 25 juillet, la galerie Les filles du calvaire vous présente l’exposition « Sur nos murs : traces, mémoire et résistance » réunissant huit artistes de la galerie : Katrien de Blauwer, Paz Corona, Kenny Dunkan, Laura Henno, Todd Hido, Thomas Lévy-Lasne, SMITH, Edouard Wolton.

C’est à partir d’images collectées dans de vieux magazines de mode que Katrien de Blauwer compose ces collages, ils se nourrissent de ces photographies oubliées, évoquant la mémoire des films, qu’elle recycle taille et relie entre elles. Ils naissent d’une connexion inattendue entre figures, motifs et couleurs. Au-delà de leur beauté formelle, ces associations sont inspirées par un ressenti immédiat de l’artiste et reflètent le stimulant paradoxe de sa pratique, entre distance et appropriation.

Kenny Dunkan puise dans la culture traditionnelle des Caraïbes et en particulier des carnavals, périodes de renversement des rôles sociaux, culturels et politiques, pour développer une œuvre qui adresse l’héritage colonial français et la persistance de ses modes de représentation. Dunkan met souvent en scène son propre corps noir via différents médiums (vidéo, photographie, performance, sculpture, assemblage).

L’ensemble présenté à la galerie par Paz Corona déploie par d’autres moyens un pan « réaliste » de son travail : Lo que vi – Chili 1973-2019, montré à Brooklyn en mars continue de s’écrire. Il s’agit de montrer plutôt que de dire la tentative de forclusion de l’histoire. Pour chacune des trois œuvres, le passage d’un medium à l’autre permet une mise en abyme. – Atacama : du film en 16m à la sérigraphie, un 8 de l’infini tracé en sel à 4 700 m d’altitude, référence à Monet et ses nymphéas, et aussi marquage à même le territoire de l’existence des disparus de la dictature au Chili. – Les fleurs du désert : dessins photographiés à la chambre pour signifier ce qui a eu lieu l’espace d’un instant : la floraison du désert. « No tengo miedo », fanzine réalisé avec Red Lebanese à partir d’images du film Santiago 1973-2019.

SMITH explore la transition, la mutation, l’hybridation, l’entre-deux dans son travail plastique et théorique. Transition de genre, métamorphoses, rêves et promenades cosmiques constituent son travail et ses recherches depuis presque dix ans. Les images du projet « Désidération », mémoire des étoiles et météorites à l’origine de la vie sur terre, esquissent la possibilité d’une désidentification, d’un autre rapport à soi, aux membres de l’espèce humaine et des autres règnes.

La pratique picturale d’Edouard Wolton repose sur un thème directeur : la tradition du paysage composé, non pas peint sur le motif mais rêvé en atelier. Les gravures (eaux fortes et alugraphies) exposées à la galerie reprennent, en natures mortes, les obsessions de l’artiste : formes mathématiques, sciences, monde naturel et minéral qui sont les outils à partir desquels il compose le paysage.

Fidèle à son exploration d’une humanité en difficulté, dont elle révèle la capacité à incarner de grands récits, Laura Henno s’est immergée dans la cité perdue de Slab City au cœur du désert de Californie, réduction de l’Amérique à un campement de déracinés. On y mène une vie de pionniers dont les rêves se cognent au réel. Installée avec sa chambre photographique, vivant sur place dans une caravane, Laura Henno rencontre, observe, échange pour découvrir des personnages bien vivants qui n’abandonnent pas l’idée d’un au-delà de la misère.

La série « House Hunting » de Todd Hido est à l’image de l’errance artistique et physique de l’artiste qui sillonne l’Amérique en voiture. Le sujet est clair, titré sans fioritures : des maisons vues de nuit. Pourtant le traitement de l’image, au style si reconnaissable, immerge le spectateur dans un monde romantique et nostalgique. Aucune silhouette en ombre chinoise. La présence de l’homme est ici implicite. On devine à la seule lueur qui s’en échappe que ces maisons sont habitées et habitent l’inconscient du photographe.

À l’huile comme au fusain, Thomas Lévy-Lasne transcende la banalité tragique de notre monde contemporain. Témoin de son époque, l’artiste fait surgir grâce à la maestria technique de son dessin la réalité : la violence ordinaire et la fragilité de l’existence. Scènes agitées de manifestations opposées au calme « de surface » des paysages industriels et urbains.

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